Chaque année, votre assureur recalcule le montant de votre prime auto en appliquant un coefficient. Ce coefficient de réduction-majoration (CRM), plus connu sous le nom de bonus-malus, récompense les conducteurs prudents et pénalise les sinistres responsables. Calculer son taux de bonus ne demande qu’une multiplication, mais plusieurs subtilités changent le résultat final.
La mécanique du coefficient : multiplication, pas addition
Beaucoup de conducteurs pensent que le bonus se calcule en pourcentage fixe retranché chaque année. Le fonctionnement réel repose sur une multiplication successive.
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À la souscription de votre premier contrat auto, votre CRM vaut 1. Vous payez la prime de référence à taux plein. Après une année complète sans sinistre responsable, ce coefficient est multiplié par 0,95. Pas soustrait : multiplié.
Pourquoi cette distinction compte ? Parce que l’effet est cumulatif et non linéaire. Un CRM de 0,90 multiplié par 0,95 donne 0,855, arrondi à 0,85. Le gain en euros diminue légèrement chaque année, puisque vous appliquez la réduction à une base déjà réduite. Le plancher est fixé à 0,50, soit un bonus maximal de 50 %.
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Concrètement, si votre prime de référence est affichée à un certain montant et que votre CRM est de 0,76, vous payez 76 % de cette prime. La différence (24 %) représente votre taux de bonus. La formule tient en une ligne : taux de bonus = (1 – CRM) x 100.

Sinistre responsable : comment le malus modifie le calcul
Un accident dont vous êtes déclaré entièrement responsable entraîne une multiplication de votre CRM par 1,25. Vous étiez à 0,76 ? Votre nouveau coefficient passe à 0,95. Votre bonus fond d’un coup.
En cas de responsabilité partagée (50/50 avec un autre conducteur), le multiplicateur appliqué est 1,125 au lieu de 1,25. Le malus est donc réduit de moitié par rapport à un sinistre pleinement responsable.
Deux sinistres responsables la même année ? Le coefficient subit deux multiplications successives par 1,25. Le CRM ne peut toutefois jamais dépasser 3,50, soit un malus plafonné à 250 %.
Quels sinistres comptent vraiment
Seuls les sinistres engageant votre responsabilité civile entrent dans le calcul. Un bris de glace, un vol ou un incendie ne modifient pas votre CRM. C’est un point souvent mal compris : déclarer un sinistre n’implique pas automatiquement un malus.
- Sinistre responsable à 100 % : CRM multiplié par 1,25
- Sinistre avec responsabilité partagée : CRM multiplié par 1,125
- Sinistre non responsable, vol, bris de glace, catastrophe naturelle : aucun impact sur le CRM
Période de référence et date d’échéance du contrat
Votre assureur ne regarde pas l’année civile pour recalculer votre coefficient. Il observe une période de référence de 12 mois qui s’arrête deux mois avant l’échéance de votre contrat.
Si votre contrat arrive à échéance le 22 janvier, la période scrutée court jusqu’au 22 novembre de l’année précédente. Un sinistre survenu entre ces deux dates (du 23 novembre au 21 janvier) sera comptabilisé lors du calcul suivant, pas celui en cours.
Ce décalage de deux mois explique pourquoi certains conducteurs ne voient pas immédiatement l’impact d’un accident récent sur leur prime. Le sinistre n’a pas disparu : il sera pris en compte au cycle suivant.
Bonus auto et surprime jeune conducteur : deux mécanismes distincts
Vous débutez derrière le volant ? Votre CRM démarre à 1, comme tout le monde. Votre assureur applique en parallèle une surprime liée à votre profil de jeune conducteur. Cette surprime peut représenter le double de la cotisation de base la première année, puis diminue progressivement sur trois ans en l’absence de sinistre responsable.
La surprime jeune conducteur et le bonus-malus sont deux calculs indépendants. Vous pouvez accumuler du bonus (CRM qui descend) tout en payant encore une surprime. Après trois ou quatre ans sans sinistre, la surprime disparaît et votre CRM aura atteint environ 0,85, soit 15 % de bonus.

Pourquoi votre prime peut augmenter malgré un bon bonus
Avoir un CRM en baisse ne garantit pas une facture plus légère. Le coefficient s’applique à la prime de référence, et celle-ci évolue chaque année. Les hausses liées à l’inflation des réparations, au coût des pièces détachées et à la sinistralité climatique ont poussé les tarifs auto à la hausse ces dernières années.
Un assuré peut voir son coefficient baisser tout en payant plus cher qu’un an plus tôt. Le bonus réduit la note par rapport à ce qu’elle serait sans lui, mais il ne bloque pas la hausse de la prime de référence.
Le CRM ne porte d’ailleurs que sur la part responsabilité civile et, selon les assureurs, sur certaines garanties dommages. Les options comme l’assistance ou la protection du conducteur sont tarifées en dehors du bonus-malus.
- Le CRM s’applique à la cotisation RC et parfois aux garanties dommages
- L’assistance, la protection juridique et les options restent hors bonus-malus
- La prime de référence peut être revue à la hausse chaque année par l’assureur
Vérifier son bonus sur le relevé d’information
Le document officiel qui retrace votre historique de bonus-malus s’appelle le relevé d’information. Votre assureur doit vous le fournir sur simple demande ou lors de toute résiliation. Il mentionne votre CRM actuel, la liste de vos sinistres sur les cinq dernières années et la date d’échéance.
Quand vous changez de compagnie, votre nouveau assureur demande ce relevé. Votre bonus vous suit : il est attaché au conducteur, pas au contrat ni au véhicule. Passer d’un assureur à l’autre ne remet pas le compteur à zéro.
Attention à un cas particulier : un conducteur resté plus de trois ans sans assurance peut perdre le bénéfice de son historique. Le nouvel assureur appliquera alors un CRM de 1, comme pour un primo-assuré, avec parfois une surcote supplémentaire liée à l’interruption.
Le calcul du bonus auto reste une simple multiplication annuelle, mais son impact réel dépend du contexte tarifaire global. Garder un CRM bas protège votre budget sur le long terme, à condition de comprendre que ce coefficient n’agit que sur une partie de la facture.

