Le pinlock est un écran transparent qui se fixe à l’intérieur de la visière d’un casque moto pour empêcher la formation de buée. Son principe repose sur une lame d’air isolante entre la visière et le film interne, qui bloque le phénomène de condensation lié à la différence de température entre l’air expiré par le motard et la surface froide de la visière.
Comment fonctionne un pinlock sur une visière de casque moto
La buée se forme quand l’air chaud et humide de la respiration entre en contact avec la visière refroidie par l’air extérieur. L’eau en suspension se condense en microgouttelettes qui brouillent la vision.
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Le pinlock agit comme un double vitrage. Il se clipse sur deux petits ergots (appelés « pins ») fixés à l’intérieur de la visière. Le joint silicone périphérique du film crée une poche d’air étanche entre les deux surfaces. Cette couche d’air réduit le transfert thermique et empêche la condensation d’atteindre la surface intérieure.
Le film lui-même possède des propriétés hygroscopiques : il absorbe une partie de l’humidité ambiante au lieu de la laisser se déposer en gouttelettes. Le résultat est une visière qui reste nette même par temps froid ou sous la pluie, sans avoir à rouler visière entrouverte.
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Pinlock 70 et Pinlock 120 : quelle lentille antibuée choisir
Deux grades de lentilles circulent sur le marché, et la différence entre les deux n’est pas cosmétique.
Le Pinlock 70 (anciennement appelé « standard ») offre une protection antibuée efficace dans la majorité des situations du quotidien : trajets urbains, températures fraîches, pluie modérée. Pour un usage printemps-automne sans conditions extrêmes, il remplit son rôle.
Le Pinlock 120 (parfois appelé « MaxVision ») garantit une résistance à la buée nettement supérieure. Sa capacité d’absorption de l’humidité est plus élevée, ce qui le destine aux roulages hivernaux prolongés, aux trajets sous pluie battante ou aux motards qui roulent tôt le matin quand l’écart de température est maximal. Sur les casques milieu et haut de gamme, c’est souvent cette version qui est fournie de série.
- Pinlock 70 : antibuée suffisant pour un usage trois saisons et des trajets courts à modérés par temps frais
- Pinlock 120 : antibuée renforcé, conçu pour les conditions hivernales ou les longues distances sous la pluie
- Version incolore dans les deux cas, mais des variantes existent (teintées, photochromiques sur certains modèles haut de gamme)
Compatibilité du pinlock selon les marques de casques
Un pinlock n’est pas universel. Chaque lentille correspond à une forme de visière précise, et chaque modèle de casque a sa référence de pinlock dédiée. Un écran conçu pour un Shoei ne se montera pas sur un HJC ou un Shark.
Les grandes marques (Shark, HJC, Scorpion, Shoei, Nolan) proposent des visières « Pinlock ready », c’est-à-dire équipées des deux ergots de fixation. Sur les casques sport-touring et modulables récents homologués ECE 22.06, la présence d’un écran compatible pinlock, voire d’un pinlock fourni de série, est devenue quasi systématique.
Avant d’acheter une lentille de remplacement, il faut identifier la référence exacte de la visière du casque. Cette information figure dans la notice du casque ou sur le site du fabricant. Commander « un pinlock » sans vérifier la compatibilité est le moyen le plus sûr de recevoir un film inutilisable.
Cas des écrans photochromiques
Certains fabricants proposent désormais des lentilles pinlock photochromiques. Ces écrans se teintent sous l’effet des UV et s’éclaircissent à l’ombre, combinant la fonction antibuée avec une adaptation automatique à la luminosité. Shoei, par exemple, propose un écran CNS-2 compatible avec un Pinlock photochromique FITECH. Ce type de lentille remplace partiellement le recours à un écran solaire fumé séparé.

Entretien et durée de vie d’une lentille pinlock
Le pinlock n’est pas éternel. Ses propriétés hygroscopiques se dégradent avec le temps, l’exposition aux UV et les manipulations répétées.
Quelques règles prolongent sa durée de vie :
- Nettoyer la lentille uniquement à l’eau tiède, sans produit chimique ni alcool, qui attaquent le traitement de surface
- Ne jamais frotter avec un chiffon rugueux ou du papier essuie-tout : utiliser un tissu microfibre humide
- Éviter de démonter et remonter le pinlock fréquemment, car le joint silicone périphérique perd de son adhérence à chaque manipulation
- Stocker le casque dans un endroit sec, visière fermée, pour limiter l’exposition prolongée à l’humidité
Quand la lentille commence à présenter des traces permanentes, un voile jaunâtre ou une perte d’efficacité antibuée malgré un nettoyage soigneux, il est temps de la remplacer. Un pinlock usé peut dégrader la vision autant que la buée qu’il est censé empêcher.
Faut-il garder le pinlock en été sur son casque moto
La question revient chaque printemps sur les forums moto. En été, la buée est rare, et certains motards retirent le pinlock pour gagner en clarté optique, arguant que le film ajoute un léger reflet ou un très discret effet de dédoublement la nuit.
Le démontage régulier use le joint silicone et les ergots de fixation. Si le casque dispose d’une seule visière, mieux vaut laisser le pinlock en place toute l’année plutôt que de risquer d’abîmer le système pour un gain marginal. Les matins frais d’été ou un orage imprévu suffisent à provoquer de la buée, et remonter un pinlock au bord de la route n’a rien de pratique.
Le seul cas où le retrait se justifie vraiment : posséder une visière dédiée à la saison chaude, sans ergots, que l’on permute avec la visière Pinlock ready pour l’hiver. Le pinlock reste alors monté sur sa visière d’origine, à l’abri dans un étui.

